Nous le savions depuis le début de notre épopée, le Sri Lanka n’allait pas être une simple « étape de plus » mais bel et bien la dernière ligne droite avant le grand retour. Une destination, donc, à la saveur particulière empreinte de sentiments aussi excitants que contradictoires. Un subtil mélange d’envie de retrouver nos proches et la nostalgie d’un voyage désormais derrière nous.

Rien de mieux pour nous aider à appréhender en douceur l’avant goût de ce redouté come back que la présence de Sophie, la soeur de Jérôme, qui nous a accompagné pour ces deux dernières semaines et qui a su avec brio canaliser cette douce mélancolie qui nous grignote insidieusement le moral.

Après une interminable nuit de bus et un dodo sur le carrelage froid et peu engageant de l’aéroport de Bangkok, c’est harassés mais bien vivants que nous récupère Sophie au sortir de l’avion à Colombo. Nous voilà, après ces premières retrouvailles, armés pour une ultime exploration, une dernière aventure de tour du monde, dans ce pays que l’on appelait autrefois Ceylan.

À l’image de l’Inde que nous avions tant apprécié il y’a déjà quatre ans, ce petit état nous ressert de ce délicieux cocktail fait de tuk tuk, épices et traditions ancestrales à déguster dans cette atmosphère coloniale surannée emplie de ferveur religieuse.

Le mois d’août n’est pas celui de la « high season » au cours de laquelle le touriste fraîchement débarqué des Maldives voisines aime à se pavaner sur les plages de la côte sud. Qui s’en plaindra? Même s’il faudra de temps à autre se frayer un chemin entre les gouttes, la saison est plutôt propice à se dégourdir les jambes à la découverte du triangle culturel au coeur de la région montagneuse.

Quoi de mieux pour s’imprégner de cette identité si particulière que de sauter au hasard dans un de ces trains brinquebalants qui ne sont pas sans rappeler ceux de la mythique Darjeeling Railay…Des rames bondées nous transportent à faible allure dans des paysages tropico-montagneux que nous contemplons la tête au vent assis sur les marches de la porte du train, le genre de chose qu’il faut oublier avec notre bonne vieille SNCF.

Nous passerons par Kandy, capitale culturelle du pays où un festival annuel bat son plein. Les éléphants sont de sortie vêtus de leur plus bel apparat. Adrien s’en donne à coeur joie et se fend d’un magnifique selfie que vous avez été si nombreux à liker sur Facebook…

Nous rencontrons Pauline et Thomas avec qui une fois encore nous partageons notre route une dizaine de jours. L’humeur est à la fête, les soirées où les bières et l’arak local se consomment à tire-larigot s’enchaînent dans un incroyable capharnaüm enchanteur sur fond de queues-leu-leu débridées et déjantées.

La météo capricieuse aura eu raison de notre tentative d’ascension matinale du mont sacré d’Adam que chaque Srilankais se doit un jour de gravir. Le lot de consolation aura été à la hauteur nous offrant de merveilleuses balades à travers les plantations de thé qui jalonnent le paysage à perte de vue.

Notre rencontre avec les Srilankais est, comme toujours avec les locaux, dépaysante…Parfois le touriste sera la cible de mille et une arnaque (à qui la faute?), et malheureusement il ne fait pas bon vivre pour une jeune voyageuse en jupette dans ce pays où le mot gentlemen est trop souvent inconnu du local lambda. Peu importe, prenons le meilleur là où il se trouve….

Après une première semaine passée dans la pluvieuse et montagneuse région du centre, il est l’heure pour nous de poser une dernière fois notre sac à dos de backpacker dans le sable blanc et de savourer non sans un petit pincement les plaisirs légers d’une virée au bord de l’océan Indien. Le temps semble suspendu et nos regards se perdent dans les cieux chatoyants de chaque coucher de soleil, là même où pourtant nos pensées s’évadent déjà vers la France.

On en a essayé des moyens de transports et on en a conduit des engins! Mais il fallait boucler le tour en originalité! Rien de tel alors que louer un tuk tuk pour la journée…sans autre chauffeur que l’un de nous deux…Le métier de chauffeur de tuk tuk s’apprend vite en réalité. Une fois la machine prise en main, l’équilibre du trois roues apprivoisé, postez vous au coin d’une rue et harcelez le quidam en maillot de bain: « hello sir, do you want tuk tuk? ». Au guidon de cette mythique pétrolette rouge vif, le sentiment de liberté est total et il nous prend l’envie de faire de faire quelques emplettes et s’offrir un dernier festin de poissons à prix imbattables! Au menu de ces dernières soirées, thons, requins et calamars fraîchement péchés que nous cuisinons avec amour dans cette dernière auberge aux airs de « comme à la maison ».

Allez, on s’est promis de ne pas broyer du noir. La mine est fraîche, le teint est hâlé, le corps et l’esprit assainis, la tête bourrée de souvenirs…nous sommes fin prêts à rentrer au bercail et à vous serrez fort dans nos bras!

On saute dans l’avion et on se retrouve dans quelques jours sur ce blog pour l’épilogue de la saga de l’année!

2 thoughts on “Sri Lanka: Au bout de la route…

  1. toujours autant de plaisir a vous lire et admirer vos photos .Allez! un retour pour préparer d autres départs et continuer à remplir nos rêves .merci à vous

  2. « L’humeur est à la fête, les soirées où les bières et l’arak local se consomment à tire-larigot s’enchaînent dans un incroyable capharnaüm enchanteur sur fond de queues-leu-leu débridées et déjantées. »…../

    JE SUIS FAN ;)

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