Deux semaines au Costa Rica et une excursion de trois jours au Panama pour fêter entre amis l’anniversaire de Jérôme, nous n’imaginions pas meilleures circonstances pour profiter de nos derniers jours en Amérique latine !

L’Amérique centrale, c’est des centaines de kilomètres de côtes presque vierges, une nature vallonnée riche, sauvage et des vagues invitant à la glisse…  Les singes jouent et hurlent sur la canopée sans que cela ne perturbe le paresseux qui sommeille un peu plus bas : vous êtes le spectateur émerveillé de ces parades animales !

Cette fois, je laisse à Tomas Cook ou à Voyageurs Du Monde le soin de vous décrire la beauté des plages de rêve qui encerclent le pays. Il est temps d’ouvrir notre grand roman épique à la page du Costa Rica.

Nous ne sommes qu’au début du chapitre. Charles et Pauline nous ont maintenant rejoints pour deux semaines de route et ce soir, nous sommes invités à passer la nuit dans une famille costaricaine :

Extrait du livre « Un jour dans le monde », récits de voyages par Jérôme Marbaix et Adrien de Saint Jacob

« Pauline s’avança vers lui. Esquissant un sourire gêné, elle le salua timidement d’un « Holà » dans cette langue qui lui était étrangère. Charles attendait son tour et, dans un élan non moins timoré, élança sa main pour le saluer. Ligui l’empoigna chaleureusement en souriant de la façon la plus naturelle qu’il soit. Ligui avait ce sourire de ceux qui portent le bonheur sur le visage, qui vous apaise et vous rassure. Ligui devait avoir à peine trente ans, la carrure frêle et une petite tête ronde surmontée d’une courte chevelure foncée. Il n’avait pas le physique des gros durs mais paraissait déborder d’une véritable énergie.  Il aimait cette vie et ce qu’elle lui offrait. « Pura Vida », comme il disait. En réalité, l’expression n’était pas de lui, elle symbolise en deux mots la philosophie du Costa Rica : la vie est une chance que tous doivent saisir ! Il croyait en ces mots.

Ligui s’empressa de nous installer confortablement sur les rocking chair qui trônaient sous le perron, puis s’engouffra dans la maison. C’était la maison de sa grand-mère, une demeure de plain-pied à l’architecture sommaire et bordée d’une végétation brûlée par le soleil.

Il revint quelques minutes plus tard les bras chargés d’assiettes. Soigneusement disposés dans chacune d’elles, d’étranges fruits coloraient la table basse autour de laquelle nous étions installés. Jérôme eut une moue d’heureuse surprise. Marrons, rouges, jaunes, verts, chaque fruit révélait une saveur inconnue, jusqu’à la mangue que les Ticos ont l’habitude de manger encore verte. Je questionnais Ligui sur ces fruits, leurs noms. Il nous regardait avec amusement découvrir les saveurs locales.

Il n’était que seize heures et le soleil nous offrait encore deux heures de lumière. Ligui nous proposa de nous conduire dans un parc national à une trentaine de minutes de route. Les Costaricains apprécient avec difficultés le temps et les distances, et Ligui n’y fait pas exception. Nous empruntâmes pendant presqu’une heure une piste accidentée qui escaladait un relief verdoyant. Charles conduisait avec concentration, tentant en vain de nous épargner les secousses que provoquaient les cassures du sol. Pourtant le 4X4 ne cessait de s’engouffrer en turbulences dans ces cratères. A vrai dire, nous n’y pensions pas. A chaque  virage se déployait un paysage vierge et luxuriant que le soleil des fins de journées inondait de couleurs chaudes. L’océan Pacifique et le bleu du ciel se confondaient dans un horizon infini que seuls quelques rapaces osaient pénétrer.

Le point culminant du parc dégageait un panorama où se succédaient des montagnes que les derniers rayons peinaient à distinguer. Ligui scrutait les environs et semblait aspirer ces dernières lueurs de son regard perçant. A cet instant, je me sentais libre. Je regardais, rêveur, Pauline et Charles qui déchiraient le ciel pourpre en s’enlassant pour s’abriter du vent qui les refroidissait. Je regardais le soleil se noyer dans l’immensité. Je savais que plus rien ne serait comme avant. »

J’avais promis de ne pas vous parler des plages. Je ne le ferai pas (même si elles sont toutes désertes, au sable fin comme poussières et parsemées d’immenses palmiers…). Je ne peux en revanche pas résister à écrire quelques mots pour vous faire partager l’expérience sans doute la plus éprouvante depuis notre départ : 143 mètres de chute libre avant d’être aspirés par un élastique… Imaginez Jérôme s’avancer sur le bord de la plateforme, respirant fort et répétant « Oh my God ! » : heureusement, la caméra embarquée vous décrira bien mieux que moi l’effet de l’adrénaline à haute dose sur des sujets pourtant au cœur bien accroché…

Enfin et surtout, impossible de terminer sans une pensée pour nos co-voyageurs (bien trop) éphémères :

- Charles-Edouard et Pauline, qui nous permis de voyager autrement en nous faisant profiter de leur 4X4 que nous n’avons pas manqué de mettre à l’épreuve à travers rivières, plages, montagnes et autres obstacles naturels (grâce à un pilote hors pair),

- Claire, Benoît et Fred qui ont accepté, pour nous voir, de prendre le risque de goûter aux joies d’une auberge de jeunesse panaméenne (avec piscine et vue mer quand même),

- Ligui, de nous avoir ouvert les portes de sa maison et fait partager un peu de sa vie,

- et Thierry, qui  nous apporté son exotisme québécois et son humour décalé.

Chacun a, à sa manière, partagé un peu de notre quotidien, un peu de notre route et beaucoup de notre bonheur. La page américaine se tourne et nous laisse en proie à la nostalgie de ces souvenirs.

Sydney apparaît déjà à travers le hublot de l’avion : un nouveau chapitre commence…

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