Dans un archipel qui compte plus de 17.000 îles, il faut plus qu’ailleurs en Indonésie, bien choisir sa destination. Et il y en a pour tous les goûts : des stations balnéaires surpeuplées à l’atmosphère festive jusqu’aux îles perdues aux confins du pays et rarement explorées par les voyageurs. Changer d’île donne parfois l’impression de changer de pays et si l’on ose s’aventurer en dehors des sentiers battus,  il est rapide de se retrouver au cœur d’une étonnante authenticité.

Après un rapide passage sur les dancefloors de la tapageuse Kuta Bali, direction les îles Gili. Ce minuscule et charmant trio d’îlots doit avant tout sa notoriété aux magnifiques fonds sous-marins colorés qui le borde, en faisant ainsi une destination plongée incontournable. Sur le petit morceau de terre sur lequel nous avons jeté notre dévolu, clubs de plongée, bars branchés et restaurants se partagent ainsi un front mer animé où il est agréable de flâner à la nuit tombée…

De moins en moins enclins à fréquenter les hauts lieux du tourisme indonésien, il nous fallait trouver un endroit suffisamment éloigné dans l’archipel où les touristes ne s’aventurent que rarement, pour découvrir l’Indonésie profonde, celle qui vous force à l’aventure et vous réserve sans aucun doute d’incroyables moments authentiques. Un seul impératif : une destination plongée!

Cap sur Flores! Cette île dont le nom évoque beauté, couleurs et parfums, fait partie des îles de la Sonde qui s’étendent sur des centaines de kilomètres carrés au centre sud du pays. Débarquer sur Flores est une expérience se mérite! Nous embarquons pour quatre jours sur un rafiot de bois, usé par le temps et sommairement aménagé pour l’accueil de passagers téméraires. Les moteurs turbinent jours et nuits, et au carrefour des océans Indien et Pacifique, il faut s’attendre à des nuits agitées au gré des vents et marées.

Mais on oublie bien vite l’inconfort des paillasses aménagées sur le toit du bateau en contemplant les paysages qui se déroulent sous nos yeux ébahis. Car Flores est précédée par un chapelet d’îles toutes d’une incroyable beauté, au charme tropical, aux reliefs élégamment vallonnés et sillonnés de sentiers qui surplombent des eaux d’une clarté turquoise éblouissante. Au passage, l’ancre est jetée l’espace d’une journée sur les fameuses îles Komodo dans un parc national devenu l’une des sept merveilles naturelles du monde, où nous rencontrerons leurs uniques habitants que sont les dragons de Komodo, d’imposants varans aux allures d’alligators terrestres. La croisière ne cesse de s’amuser, les dauphins nous rendent des visites quotidiennes, Adrien taquine thons et bonnîtes à l’arrière de l’embarcation, et tous les matins nous ouvrons les yeux face à l’océan…

Et c’est sur ce même bateau que nous croisâmes la route de Mathilde et Kevin, un couple de Français qui bourlinguent en Asie depuis plusieurs mois. En plus d’être devenu notre coiffeur officiel, Kevin est mordu de pêche et sera pour les vingt prochains jours le compagnon de pêche d’Adrien!

Arrivés à bon port, il est temps de se mettre en route et de crapahuter sur ce territoire immense. En voiture, en bus ou en moto, notre double équipée traversera l’île d’ouest en est, arrêtant nos sacs là où l’atmosphère nous inspire. Si le charme authentique du lieu reste si préservé, c’est qu’il demeure un secret de l’archipel encore bien gardé à en juger le nombre de touristes croisés que l’on peut presque compter sur les doigts d’une main.

La route est jalonnée de villages aux toits de chaume encerclés de volcans où des communautés aux cultures ancestrales sont encore préservées du monde moderne. Leurs traditions et coutumes parfois barbares vous font ressentir qu’ici vous n’êtes pas un touriste mais un visiteur et bien souvent un invité.

Etre invité à dîner et partager l’espace d’une soirée la vie d’une famille, rencontrer un pêcheur à son retour et déguster contre quelques roupies un thon grillé à l’ombre d’une paillote de plage, échanger, apprendre, comprendre : c’est tout cela que réserve Flores. Bien sûr, il faut improviser en matière de communication car en dehors du redondant « Hello Mister », il est impossible de parler anglais sur Flores. A nous de donner aux signes, regards, sourires, mimes et images l’éloquence des mots…

Grâce à sa position centrale, sa géographie étendue et son passé colonial, l’archipel indonésien héberge sur chacune de ses îles une diversité culturelle dont nous n’avions pas mesuré l’ampleur et à laquelle il nous tarde de goûter à nouveau. Cette fois-ci, nous n’aurons poser les pieds que sur un peu moins de dix de ces îles, mais la prochaine fois, promis, nous partirons plus longtemps et encore plus loin…

 

 

 

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