Que nos mères soient rassurées, nous survivons à notre road trip vietnamien ! Après le bus, le 4×4, l’autostop et le campervan, le voyage en moto était une expérience que nous nous devions d’essayer et que nous attendions avec impatience.

L’histoire commence il y a quelques semaines, lorsque nous passons la frontière avec le Cambodge en bus pour débarquer ensuite sur l’île de Phu Quoc, à l’extrême sud du Vietnam. Clairement, Phu Quoc n’est plus l’adresse secrète des routards mais son invasion par les touristes Vietnamiens a de quoi fasciner. On les observe inonder les plages des sables blanc et envahir les échoppes de bord de mer où l’alcool de riz coule à flots.

Il est temps à présent de débusquer les motos de nos rêves. Rien de tel pour cela que l’animé quartier des backpackers de Ho Chi Minh Ville alias Saigon. Alors que nous avions déjà été rejoints par Sylvain, nous y retrouvons Thibaut (mais pas son sac égaré pour quelques jours quelque part entre la France et le Vietnam) qui fera avec nous la longue route jusqu’à Hanoï au nord du pays.

L’enjeu est de taille car il nous faut de bonnes bécanes si l’on veut aller au bout des quelques 2200 kilomètres qui nous séparent de notre destination finale. Après avoir chevauché une vingtaine de motos à s’en perdre dans les rues encombrées de la ville, nous avons finalement craqué pour une rutilante Honda Win 100 cm3 pour la raisonnable somme de 250 $… Force est d’avouer qu’avec nos connaissances en mécanique plus que limitées, notre choix a plus été guidé par l’apparence des bolides que par leur état d’entretien. Et pour un tel prix, inutile de s’attendre à une simple seconde main avec un compteur kilométrique qui fonctionne ou une selle grand confort.

On harnache les sacs sur les portes bagages et c’est parti ! Le code de la route est ici bien différent de celui que nous connaissons, où plutôt il est inexistant : les intersections ne se franchissent jamais sereinement, les camions et les bus vous ignorent, les enfants jouent le long des routes, le bétail surgit à tout moment, et le klaxon doit être utilisé de manière immodérée !

En plus d’être bordées de paysages magnifiques, d’une campagne verdoyante et vallonnée, les routes du Vietnam sont jalonnées d’innombrables visites chez des garagistes de fortune qui souvent en quelques coups de tournevis nous remettent sur selle. Mais ni ces incessantes pannes, ni les pluies presque quotidiennes ou les constants travaux de voierie n’entament notre plaisir et le sentiment de liberté que nous procure cette virée en deux roues, de loin le meilleur moyen de découvrir les profondeurs du pays.

Mui Ne, sa station balnéaire et ses fameuses dunes de sable, Dalat, ville perchée dans les montagnes au passé colonial, Nha Trang avec ses bars branchés et ses sites de plongée, Hoi An et son luminescent centre historique ou encore Hué et sa cité impériale sont quelques-unes des étapes qui nous permettent de reprendre des forces et d’avaler les kilomètres façon « Mad Max ».

Le Vietnam, c’est aussi le pays parfait pour servir à nos hôtes un vrai morceau de notre quotidien de « tourdumondiste ». Nos compagnons de voyage ne sont en effet pas épargnés : dortoirs en auberges de jeunesse et bouffes de rues bon marché entre rats et cafards font partie de la vie de routard. Car même s’ils restent derrière les Thaïs sur ce point, les Viets sont les rois de la restauration de trottoir. Il n’y a pas une rue au Vietnam qui ne soit pas parsemée de ces petites tables rouges ou bleues sur lesquelles on vous servira de délicieuses soupes de pâtes, où vous pourrez vider quelques bières en vous faisant bercer par la douce mélodie des klaxons et des pétarades. Cette cuisine locale a de quoi vous régaler quand vous savez où débusquer les meilleures spécialités qui trouvent l’équilibre entre la soupe et la salade, le croustillant et le moelleux, le doux et l’épicé.   Toujours enclins à la nouveauté, on s’essaye même à la délicatesse locale : l’œuf dur maturé au stade de fœtus du poussin…miam !

Demandez-leur, mais il semble que ce quotidien de tour du monde, le plus loin possible du tourisme de masse et facile, leur plait. Il vous fait la promesse de surprises, de moments authentiques, d’imprévus, de rencontres fortuites et si enrichissantes malgré la barrière linguistique. Aller vers les locaux, les écouter, les comprendre, échanger, partager : voilà la vision du voyage qu’ils ont entrevue, celle que nous chérissons et qu’on aime à faire partager.

Déjà la moitié du circuit. A notre grand désarroi nous avons perdu Sylvain qui a quitté la route faute pour son patron de lui avoir accordé des congés suffisants. Pas évident de laisser celles et ceux avec qui l’on passe d’intenses moments mais c’est aussi cela la vie de backpacker ! Qu’on dise bonjour ou au-revoir, on avance toujours et encore : la suite dans 1000 kilomètres !

2 thoughts on “Good Morning Vietnam!

  1. bravo! vos photos et vos commentaires sont excellents !la grande classe!continuez…

  2. Après avoir pris connaissance des textes et des photos je prends la mesure de la richesse de votre voyage: des souvenirs à la pelle pour toujours . Avec ma profonde affection. A bientôt.

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